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Argentine: des ouvriers de Filobel récupèrent l'entreprise et visent l'autogestion Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-04-2009
Interview de Eduardo Santillán, président de la Coopérative Textile Quilmes, ex-travailleur de Filobel-Febatex.
 
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je vais vous raconter la situation qui nous a amené à former une coopérative et à travailler sans patron. Au début de l'année dernière, en 2008, nous étions 120 personnes. La patronale a alors commencé avec la crise énergétique et là a commencé le conflit, ils ont commencé à suspendre des travailleurs, après la crise impulsée par ls entrepreneurs agricoles est venue, en mars, ont continué les  licenciements, les suspensions, à la  moitié de l'année, la crise internationale, nous nous sommes retrouvés moins de la moitié des travailleurs. En octobre, nous étions 35 dans la fabrique à travailler et ils en ont licencié 25, mais ces 25 sont restés dans l'entreprise en raison des antécédents des autres compagnons. Ceux-ci avaient été licenciés mais ils ne les ont pas indemnisés et un accord de paiements a été réalisé mais ils ne les payaient pas ou une seule tranche, c'est pour cela que nous avons décidé de rester pour qu'ils nosu payent au moins les derniers salaires dus et le treizième mois.
 
 
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Un accord a été trouvé au ministère du Travail mais n'a pas été respecté par la patronale parce qu'elle a payé n'importe quoi. Et nous avons fini par toucher le troisième mois en décembre. En décembre il fallait discuter les indemnisations, une prorogation de 60 jours a été accordée au ministère pour mener la discussions entre nous et la patronale. Ils ne sont jamais venus. Les 60 jours se sont écoulés le 10 janvier, tout était calculé pour arriver aux "vacances" judiciaires, encore 30 autres jours. Nous avons alors décidé en assemblée de continuer de rester dans les lieux pour voir si nous pouvions toucher les indemnisations et pendant ce temps, nous  armions la coopérative, avec la patronale et nous à l'intérieur de la fabrique. A ce moment, il n'était pas question de la prendre juste y rester. Il ne s'est rien passé, nous n'avions toujours pas de réponse au sujet des indemnisations et le 10 février nous apprenons que la patronale passaient des entretiens à des personnes extérieures à l'entreprise pour les embaucher au noir. Et cela nous a amené à prendre totalement la fabrique, à faire une prise totale. Nous avons parlé aux compagnons qui travaillaient en leur proposant la coopérative, nous avions des bonnes relations avec eux, mais ils n'étaient pas d'accord avec cette possibilité. Maintenant ils ne sont pas avec nous, ils sont en dehors de la fabrique. Mais la coopérative suit son cours et nous allons travailler, sous autogestion.
 
 

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- Que produit la fabrique ?

C'est une textile, nous faisons des toiles à voile pesées pour par exemple Bagley et Kraft, qui sont des entreprises très grandes et très importantes. Nous faisons aussi des filages tordus pour des chemises, des jeans, nous sommes fournisseurs d'autres textiles.

- Dans quelle situation êtes-vous en ce moment, où en êtes-vous avec la coopérative, elle est sortie, avez-vous le soutien de la  municipalité, du gouvernement... ?

En ce moment nous produisons mais peu, nous essayons de vendre ce que nous produisons pour au moins apporter quelques pesos à la maison. La municipalité, bien qu'elles nous a appelé pour offrir de nous donner un coup de main pour ce que nous avions besoin, la chose s'est retournée parce que la patronale est allé les voir et on n'a plus de contact avec elle. De la part de l'état, la seule aide qu'ils ont pu nous donner est le chômage en raison de la situation dans laquelle nous sommes où l'expropriation et la matricule de la coopérative ne sortent pas, mais toute la paperasse qu'il fallait faire a été faite, maintenant c'est une question de temps. Nous pensons que dans quelques semaines, ils vont nous donner la matricule provisoire avec laquelle nous allons pouvoir commencer à à travailler avec des factures.

- Vous avez eu un problème avec l'électricité non ?

Oui l'électricité pour que fonctionne toute la fabrique a été coupée mais pour la dette de la patronale. Quand nous sommes allés vérifier à Edesur, ils nous ont dit qu'il y avait deux factures payées par chèques sans provision et qu'il avait émis un ordre de coupure et ils l'ont coupée. Maintenant nous devons mettre l'électricité  au nom de la coopérative.  
 
- Et comme ellez-vous vous organiser à l'intérieur de la coopérative ?

L'organisation dans la partie du travail va être très semblable à celle que nous avions, à la différence que nous allons avoir plus de responsabilité parce que le travail doit bien sortir. Quand nous étions sous patron nous étions tous des travailleurs et on ne se mêlait pas trop à la production. Dans une coopérative, cela t'exige plus encore, plus de qualité, plus de production et les temps sont plus courts. Nous allons devoir nous organiser maintenant comme travailleurs autogérés. Nous allons devoir convaincre les clients, les fournisseurs, que nous avons déjà de  travailler avec la coopérative parce que plusieurs ne veulent pas.

- Et pour les tâches d'administration ?

Nous allons devoir les apprendre, bien qu'il y a des compagnons qui vont nous apporter de l'aide nous allons devoir les prendre en charge nous-mêmes. 
 
- Vous avez du soutien à l'extérieur de la fabrique ?

Aujourd'hui pour le festival c'est incroyable, même si moi j'aurais aiimé le faire dans la rue pour que tout le quartier vienne mais bon la loi ne nous le permet pas.

- Comment est la relation avec les gens du quartier, les fabriques de la zone, avez-vous reçu du soutien, de la solidarité ?

Dans le quartier, ils savecnt maintenant quelle classe de types étaient à côté d'eux. Nous avons du soutien. L'entreprise est entourée d'autres fabriques, d'ateliers et le soutien que nous avons est très bon.
 
 

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Colectivo Desalambrando,  23 avril 2009.
 
Photos : Colectivo Desalambrando et Tendance Syndicale Libertaire (http://tslibertaria.blogspot.com )
 
Traduit par http://amerikenlutte.free.fr 

 
 
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