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Pérou: la répression d'une protestation de mineurs fait six morts Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-04-2010
Des dirigeants des mineurs artisanaux accusent le gouvernement d'Alan Garcia d'essayer de les  écarter  de cette activité pour octroyer aux grandes entreprises les gisements qu'ils exploitent. Garcia s'est refugié dans un discours écologique.
 
 
 
Jusqu'à présent, la protestation de mineurs artisanaux contre la tentative du gouvernement d'en finir avec les mines informelles a fait six morts. La protestation a commencé dimanche avec une grève indéfinie et le blocage de routes. Cinq personnes - quatre mineurs et un habitant de la zone - sont morts quand la police a expulsé avec des bombes lacrymogènes et des tirs d'armes à feu les grévistes qui bloquaient deux ponts, à la hauteur de Chala, dans la région d'Arequipa. Une sixième personne, de 80 ans, est morte d'un infarctus dans le bus dans lequel elle voyageait tandis que celui-ci était bloqué par le piquet. Hier étaient encore bloqués quelques tronçons de la Panaméricaine, où environ huit mille mineurs informels s'étaient mobilisés, et il y a eu une série de protestations dans différentes régions du pays. A Puerto Maldonado, la petite capitale de la région Madre de Dios, un centre d'exploitation artisanale d'or, situé dans la forêt amazonienne, à la frontière avec le Brésil, dix milles personnes ont manifesté pacifiquement scandant leur colère contre la répression ordonnée par le gouvernement d'Alan Garcia et en rejet de la récente loi qui cherche à réguler et en terminer avec le travail des mines artisanal.

Les mineurs artisanaux exigent qu'un dialogue soit ouvert avec le gouvernement, mais le premier ministre, Javier Velasquez Quesquen, n'a pas donné de signes en ce sens. "Les normes que l'État exige ne sont pas négociables. Je ne dialoguerai pas avec ceux qui prennent des routes", a dit Velasquez Quesquen, après avoir prit connaissance des six morts. Le gouvernement a décrété l'état d'urgence dans les régions de Madre de Dios, Arequipa et Ica, où ont lieu les protestations les plus importantes.
 
Le décret qui a déclenché les protestations est dirigé au travail des mines d'or artisanal à Madre de Dios, cependant il a déclenché les protestations en chaîne dans au moins une douzaine de régions du pays, où les mineurs informels ont vu dans cette norme une menace à leurs activités. Il n'y a pas de recensement sur le travail des mines artisanales mais on estime qu'il pourrait y avoir environ 300 mille personnes dédiées à cette activité. Dans tout le pays il y a 19 millions 500 mille hectares exploités par le travail des mines, desquels environ deux million correspondent au travail des mines informels. A Madre de Dios, l'exploitation artisanale d'or dans les rivières, principale activité économique de la zone, a occasionné de graves dommages écologiques dans la forêt amazonienne, avec la déforestation et la contamination de rivières avec du mercure. Et il existe des dénonciations d'exploitation d'enfants dans les lavoirs d'or.

Selon les chiffres du gouvernement, cette activité minière a déjà rasé 18 mille hectares de bois, y compris des zones de réserves naturelles protégées. Le président Alan Garcia a adopté  un discours écologique, qui va à contre-courant de ce qu'a été son gouvernement, pour condamner le travail des mines artisanal à Madre de Dios et pour défendre le décret qui cherche à les reguler. "Le gouvernement doit préserver la nature pour l'avenir", a dit Garcia. Un discours surprenant venant du président qui a donné de grands bénéfices aux entreprises minières sans se préoccuper pendant ses quatre années de mandat des graves dégâts écologiques causés par l'exploitation minière des transnationales, et qui a réitérativement accusé les défenseurs de l'environnement d' "extrémistes". Le gouvernement a mis en évidence un double discours : une permissivité avec les grandes entreprises quand celles-ci dégradent l'environnement et un discours écologique quand les mineurs artisanaux produisent ce dommage.
 
"Il y a une incohérence évidente du gouvernement dans ce sujet. Le travail des mines artisanal à petite échelle cause de graves dommages à l'environnement et doit être ordonné, mais le grand travail des mines, par le volume de ses activités, qui dans beaucoup de cas sont à ciel ouvert et impliquent un grand déplacement de terres et une immense dépense de ressources hydriques, produit un dommage écologique plus grave. Cependant, face aux grandes entreprises le gouvernement n'agit pas. Et il a octroyé beaucoup de concessions minières dans des réserves naturelles protégées", a signalé à Pagina/12 Jose de Echave, économiste et chercheur de l'ONG CooperaAcción.

Des dirigeants des mineurs artisanaux ont accusé le gouvernement d'essayer de les écarter de cette activité pour octroyer aux grandes entreprises les gisements qu'ils exploitent. "Dans plusieurs zones du pays cette accusation est certaine, mais dans beaucoup de cas, comme l'exploitation d'or dans les rivières de Madre de Dios, il s'agit de petits gisements qui ne sont pas attractifs pour le travail des mines à grande échelle", signale de Echave.
 
Carlos Noriega, Pagina/12, 06 avril 2010.
 
Traduit par http://amerikenlutte.free.fr 
 
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