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Luttes et répression au Chili : mort d’un adolescent Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-09-2011

Manuel Gutiérrez, 14 ans, est mort cette nuit après avoir reçu une balle dans le thorax, alors qu’il observait des affrontements dans son quartier, à Macul. Cette commune, située à l’est de la capitale Santiago a connu une nuit de barricades, comme beaucoup d’autres villes chiliennes, à l’issue de deux jours de grève nationale appellée par la CUT, principal centrale syndicale du pays.

Après plus de trois mois de mobilisation étudiante, qui gagne peu à peu l’ensemble de la société, le gouvernement reste sourd aux revendications et répond par une répression toujours plus forte. Cette semaine a été marquée par de nombreuses violences policières : perquisition et mise à sac de deux squats à Valparaiso et Santiago, tentative d’entrer (sans mandat) dans les locaux d’une télévision communautaire (Señal 3) dans le quartier de La Victoria, attaques violentes contre des lycées occupés par leurs élèves... Les mineurs et les personnes âgées ne sont pas épargnés par ces pratiques qui rappellent parfois à ceux qui l’ont connue l’époque de la dictature militaire. D’autant plus qu’elles s’accompagnent d’un discours très agressif de la part du gouvernement et des partis de droite qui le soutiennent. Entre autres expressions de mépris, les opposants ont été qualifiés "d’inutiles subversifs" par le chef du parti présidentiel (Renovacion Nacional), et un Intendant régional (équivalent d’un préfet) a imputé aux "enfants nés hors du mariage et d’une famille traditionnelle" les violences de ces derniers jours.

Selon la famille du jeune décédé cette nuit, les flics seraient à l’origine des tirs. Son frère a déclaré à une radio : "On était à l’angle de la ruelle, observant les évènements, les feux et le reste... Et on a voulu aller vers la passerelle de Vespucio (...) parce que là-bas aussi il se passait des choses, et on voulait seulement regardé, et en aucun cas produire des troubles où quoi que ce soit, on voulu juste voir ce qui se passait. On allait vers ce secteur, vers la cordillera, par la rue Amanda Labarca. Et à environ 300 mètres une voiture de carabineros est apparue et le copilote a commencé à tirer par la fenêtre. Il a tiré trois fois, dont un tir qui a touché mon frère au thorax." Il dit "avoir espéré que ce soit du plomb mais en fait c’étaient des balles, des balles de gros calibre."

Le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur, Rodrigo Ubilla, a appelé à "ne pas spéculer" et "à laisser les institutions fonctionné". Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Andres Chadwick a cherché à faire porter la responsabilité aux organisateurs des manifestations, et a annoncé que le gouvernement envisage d’invoquer la Loi de Sécurité Intérieure de l’Etat à l’encontre de la CUT. Selon lui, "si cette grève n’avait pas été convoquée, on ne serait pas en train de parler de la violence générée pendant ces 48 heures". Il a par ailleurs annoncé 1394 arrestations durant les trois derniers jours. Avec ce que cela implique de passage à tabac et de violations des droits fondamentaux...

 
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