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Argentine : Piqueteros, la fin d’un mythe Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-03-2007

Le mythe du MTD de Solano, ou au moins son idéalisation, dont beaucoup ici connaissent depuis longtemps la réalité, s’effonfre avec le départ d’une partie des quartiers du mouvement. Corruption, élitisme, verticalisme... sont les raisons de ce départ, raisons expliquées dans leur document de départ.

Le Mouvement de Travailleurs sans emploi (MTD) de Solano est le mouvement "piquetero" le plus connu à l’étranger (et celui qui est le plus soutenu financièrement) grâce entre autres à une pratique (et un discours) d’autonomie et d’"horizontalité". Ce dernier point a toujours été idéalisé par ses membres fondateurs et par les critiques qui portent sur ce mouvement. L'"horizontalité" est un objectif à atteindre et n'existe actuellement dans aucun organisation.

Document de renoncement au M.T.D. Solano [1]

Par barrio iapi

Ce document est au nom de tous les hommes, femmes, enfants et anciens qui pour une raison ou une autre ne sont plus dans le Mouvement de Travailleurs sans emploi de Solano, Quilmes, Province de Buenos Aires, Argentine.

Buenos Aires, 26 avril 2006

A LA GRANDE LUTTE QUI LE 26 JUIN 2002

NOUS A EMPORTE DES COMPAÑEROS,

QUI NOUS ONT LEGUE LA SEULE CHOSE QU’ILS AVAIENT :

LEUR EXEMPLE, LEUR TRANSPARENCE, LEUR HONNETETE.

Au M.T.D. Solano, et aux organisations et lutteurs argentins.

Ce document est au nom de tous les hommes, femmes, enfants et anciens qui pour une raison ou une autre ne sont plus dans le Mouvement de Travailleurs sans emploi de Solano, Quilmes, Province de Buenos Aires, Argentine.
Ce "renoncement" est accompagné de notre position face à ce qui s’est passé ces dernières années dans le Mouvement. Ce qu’il dit ici est suffisant, mais nous demandons une aide pour cette rédaction à d’autres compañeros d’autres organisations.

Messieurs de la Direction Politique du M.T.D. Solano :

Cela fait des jours, des semaines, des mois que ce document nous donne des fourmis dans les mains. Finalement, il a pu se faire et avec notre lutte, avec rage et dignité, nous accouchons de lettres, mots et sentiments.

Ainsi que nous permettez-nous de nous étendre un peu sur le thème. Après tout, sans faire de mal à personne nous sommes membres du Mouvement, des personnes très "autres", mais des personnes des Quartiers, en fin de compte.

En plus de l’angoisse et de la préoccupation de ce qui nous arrive, nous voulons aussi partager avec beaucoup de membres du Mouvement l’indignation pour le "mépris" que cette Direction nous témoigne.

Dans cette organisation de lutte caractérisée comme "coupeurs de route", "Piqueteros", beaucoup avons été arrêtés, frappés, insultés et humillés, pour le fait de lutter pour une cause juste et de plus pour nous organiser et nous faire entendre. Mais nous savons, comme vous, qui nous lisez et nous écoutez, que nous nous ne sommes pas de simples coupeurs de route, mais des Lutteurs Sociaux.

Bien sûr, il s’avère qu’aujourd’hui, dans l’actualité, être un lutteur social est un délit et si nous ne nous insérons pas dans le système, on nous punit. Bien sûr, ah, les corrompus non ? Non, eux sont impunis en payant les juges. En plus leurs propres associés ne peuvent pas les punir ! Les banquiers du "corralito" ? Encore moins, eux achètent les politiques en leur payant leurs campagnes. Les pirates de la route ? Non plus, eux s’arrangent avec la police. Mais il s’avère que nous aussi on veut nous comparer avec ceux qui volent, assaillent et piratent.

Vous penserez : "Vous (c’est à dire nous) coupiez la route, vous vous couvriez le visage et ’vous utilisiez des bâtons’, vous étiez des quartiers et vous n’aviez pas de conscience". Mais on nous accuse de ne pas nous taire face à la corruption, au mauvais traitement de la Direction Politique, et surtout, le fait que ayons dit C’EST FINI ! et que nous ayons coupé les relations avec la Direction pour nous faire entendre et pour qu’ils nous respectent comme personnes des quartiers et nous prennent en compte.
Surtout pour que dans cette Argentine se termine l’abus et la corruption de ceux qui sont nos référents et la direction politique qui jettent à la poubelle nos dignités si recherchées.

Non ! Non ! Non ! Ne vous en faites pas, vu que nous ne ferons pas une histoire de ce que fut le Mouvement de Solano. Par contre ce que nous voulons dire très clairement est pourquoi nous "renonçons" ou plutôt, pourquoi nous ne sommes pas unis dans le Mouvement, comme cela devrait être. Nous voulons parler de l’autre visage du Mouvement, celui qui est invisible, celui qui existe, le réel, mais que ne se voit pas.

Ce qui serait conseillé serait ", une des choses que l’on nous a dites est que "nous durerions peu", que eux, (la Direction) "continuent le projet original"... Qu’est-ce que nous avons fait nous pendant ces années de lutte !?... ou "que nous faisions un pas de côté" en acceptant d’une manière puérile que eux commandent. Bien sûr, peut-être la recommandation serait de faire un pacte, de signer la paix et d’attendre. On nous demande la "prudence du silence et de nous conformer"... Qui pourrait vivre avec une honte pareille ? Qui échange silence pour dignité ?

Les conseils "sensés" ont été inutiles. Dans ces terres de Solano, dans ces dernières années la révolte règne... et naturellement la dignité.

Les hommes, les femmes, les vieillards se sont réunis dans les quartiers avec leurs Assemblées pour voir dans leur coeur s’il est temps de commencer à parler et d’endurer le vent violent de ce qui viendra. L’accord des Assemblées a été "Oui, il faut parler, dénoncer et non laisser impunie la trahison de la lutte dans le Quartier de Solano". Ainsi nos accords sont sortis des quatres quartiers du MTD Solano : Monteverde, IAPI, Berazategui et une partie de San Martín. Nous séparer de la Direction parce que nos demandes son rationnelles, que ne disparaissent pas la coordination entre nous et que nous continuons à être unis. Chercher de nouvelles relations politiques, soutenir les Cantines populaires, continuer avec les Ateliers Productifs, les Potagers, conserver les donations d’aliments (des municipalités) et les plans [2] des compañeros, ouvrir de nouvelles instances au Ministère pour les soutenir, que nos Assemblées résolvent et terminent les anciennes décisions du mouvement, continuer la lutte pour le Changement Social, la Dignité, la Justice, l’Horizontalité, la Démocratie Directe. Nous mettons le "etc." requis, parce que notre intention n’est pas de vous affirmer tous les principes du mouvements mais de spécifier très clairement la séparation de notre Mouvement, qui est plus de 60% de l’organisation. Et cela, nous sommes nous, en dehors de la Direction Politique.

Je ne sais pas pourquoi il se dit ce qui se dit ... que Solano a changé, que rien ne sera égal, qu’il se commence un nouveau départ...

Nous ne savons pas comment il sera, mais ici tout continue égal. La Direction Politique et ses amis jurent et se parjurent (après tant de corruption) qu’ils sont les honnêtes et les "autres" les déshonnêtes. Leurs accompagnateurs et amis rejoignent le respect de la Direction Politique c’est-à-dire à leur volonté... certains se font complices. Les compagnons des Quartiers de Solano savent qu’ils sont où ils sont pour avoir été "trompé", ils savent qu’ils ne vont plus jamais endurer une direction traîtresse, que leurs chef doivent être leurs Assemblées : peu à peu, l’organisation commence à se diviser, d’un côté la Direction Politique est restée, la majorité installée dans le quartier de Santa Rosa, localité de Varela, une petite partie de San Martin dans le quartier de Solano, et quelques compañeros dispersés qui n’arrivent toujours pas à comprendre ce qui se passe.

En haut, sur les pics des antennes de Solano, le ciel assume ses formes d’imposition, de supériorité de puissance et d’orgueil.

La Direction Politique et ceux qui la suivent de près, serrent les rangs autour de l’argent, des relations avec l’étranger, des colis de marchandises, des plans sociaux, des projets comme écran et de tous les etcéteras que nous pourrions ajouter à cette longue colonne de corruption. Les gens qui sont sous ces quartiers commencent à parcourir leurs rues, il commence à pleuvoir fort, il y aura un orage...

Repliés dans un coin des quartiers ces dernières années, les Mouvements de Chômeurs n’ont pas, nous n’avons pas, la capacité de mobilisation des derniers temps. Et si nous ajoutons à cela les abdications et les corruptions, nous devons nous lamenter, compagnons. Les bas quartiers d’Argentine ne savons pas comment comprendre ce qui s’est passé politiquement. Les plus atteints (moralement et en théorie) y voient une trahison et cherchent les coupables, à leur côté, parmi leurs égaux. Ou on voit maintenant les plus conséquent des dirigeants (aspirants au discours) critiquer des membres des quartiers, en répartissant sans réserve des étiquettes pour classer l’inclassable ("traîtres à nos dirigeants", "personnes sans critères", "ils sont tous des perdants ’fracasados’", "ils veulent seulement des aliments et des plans", par exemple). Ils comprennent "fracasados" par attendre, bavarder, se mettre d’accord, écouter les Assemblées, comprendre que l’autonomie c’est ne dépendre de personne, représenter l’Assemblée et non des dirigeants, être clair et transparent, comprendre que l’argent des projets et de l’étranger sont pour l’organisation et non pour un usage personnel. Enfin, l’"échec" est du au fait de ne pas avoir suivi leurs conseils de fermer notre gueule ! L’échec est, disent les dirigeants et leurs amis, d’avoir fait confiance aux membres des quartiers, ou les plus "frustrés" lisent "inutilité de la lutte". Ils se désespèrent face aux membres de ces quartiers qui se refusent de suivre de si brillants dirigeants politiques.

Cependant ce qui reste de cette organisation ne baisse pas les bras. Ils ne s’adonnent pas à la paresse de ne pas continuer de chercher. Comprendre le doute, travailler pour comprendre la lutte, savoir pour savoir lutter, expliquer pour expliquer la lutte. Dans cette autre partie, il ne se lit pas seulement le commencement dans la Paroisse Les Larmes... toutes les luttes se rejoignent.

Maintenant que vous avez clairement expliqué, messieurs de la Direction, le commandement à l’intérieur de ce qui était cette organisation, et en nous faisant comprendre que nous devions nous écarter de votre supposé "projet original", vous devez savoir que -en plus d’avoir récolté cette confrontation et d’avoir induits en erreur les quartiers humbles-, vous héritent de la possibilité de comment nous affronter.

Durant notre parcours, ensemble, vous avez dit plusieurs fois que les résolutions seraient prises par les Assemblées, qu’il ne devait pas exister de Commandement à l’intérieur de l’organisation, qu’il fallait respecter les accords, ne pas céder aux gouvernements, démontrer aux habitants des quartiers que la dignité humaine vit toujours et existe parmi les plus appauvris. Tout cela s’est converti en un grand mensonge et une trahison au camp populaire, c’est pour cela que vous récoltez cet affrontement avec nous et nos demandes pour le traitement recu.

Comprendrez que la méfiance dans tout ce qui a été la Direction de cette organisation, indépendamment de à qui nous nous référons et de quelle personne est concernée, a indélébilement marqué notre pensée et notre marcher. Si à notre méfiance compréhensible dans tout ce qui est commandement, indépendant de à quelle organisation il répond, nous lui ajoutons l’énorme manque de transparence dans le maniement des projets, avec l’argent de l’étranger, et les frivolités que vous et certains qui vous accompagnent ont gaspillées sans aucun regard, puisque c’est notre devoir de vous signaler qu’avec les compagnons du MTD de Solano (et je croit que non seulement avec ceux du MTD) vous êtes partis de zéro en ce qui concerne la crébilité et la confiance, vous les avez obtenues... et perdues.

Nous ne pouvons pas avoir confiance en ceux qui ont gaspillé l’argent des projets productifs pour leur propre intérêt, en ceux qui ont cédé devant les gouvernements en croyant que nos demandes seraient résolues en marchandise, plans sociaux et cantines populaires.

Nous ne pouvons pas donner de crédit à ceux qui essaient d’étouffer les corruptions de renoncement, avec les projets au Ministère, avec le fait de s’être arrangé avec des personnes, avec le fait que les étrangers devaient payer pour faire des recherches sociologique dans le Mouvement (pour leurs Universités, pour leurs livres). Nous ne pouvons pas donner de crédit à ceux qui disent que nous sommes "de la merde et que nous avons de la merde dans la tête", quand on nous rabaisse, quand l’argent du terrain qui s’est acheté n’est jamais apparu, on nous a dit que le terrain avait été acheté et le recu n’a jamais été présenté... Cette liste peut être interminable.

"Messieurs : Non ! Non, il n’y aura pas d’impunité !

Ne nous inspirent pas de confiance ceux, qui avec l’étroitesse de vues pour la logique de la lutte, ont eu pour plan de nous convertir, nous les pauvres, en instruments pour les relations politiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays. D’avoir comme plan d’utiliser les Ateliers Productifs comme écran pour l’arrivée d’argent, de permettre que des personnes de l’organisation implantent une entreprise de construction à Mar del Plata, en utilisant les projets du Mouvement.

En fin de compte, ce plan (ou comme vous voulez l’appeler) n’a pas été autre que la tentative de continuer le génocide qui sous différentes modalités a déployé le capitalisme en Argentine... Ou... dans quel état sommes-nous aujoud’hui ?

Malgré tout, de tous les quartiers de Quilmes on continuera de nous lever pour lutter contre les malheurs qui nous poursuivent. Ces quartiers continueront d’être rebelles. Nous le serons toujours...
Nous voulons être clair et ratifier : nous n’avons pas été ceux qui ont rompu, en annonçant que nous "nous retirions en continuant le projet original". Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avons proposé une supposée volonté de coordination tandis qu’un traître coup se préparait. Ce fut la direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont inventé un écran de projets de travail sans jamais donner d’explication sur l’argent. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont trahit la volonté de tous les quartiers du M.T.D. pour obtenir une "sortie amène" au conflit. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont dit avoir le poker dans la main, en portant des menaces avec plans et marchandises. Ce fut la direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avaient les relations avec l’étranger et les entrées d’argent, sans jamais donner une explication aux quartiers. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont affirmé que les gens des quartiers n’ont pas de critère et qu’ils sont tous des ratés. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui, pour disqualifier, ont balancé l’invention selon laquelle on travaille avec des "punteros" politiques [3]. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont dit que les résolutions seraient seulement prises par l’Assemblée en terminant sur une Table Politique, où une direction a pris des accords par derrière, exercant un commandement. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avons permis qu’un membre de l’organisation ait une entreprise de construction à Mar del Plata. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avons convenu que les étrangers puissent faire de l’observation et des investigations pour leurs études et leurs facultés, en leur faisant payer des centaines de dollars. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avons pris l’argent de l’étranger sans jamais donner d’explication. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui avons utilisé les plans et les marchandises comme moyens de chantage. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui lors du dernier "Janvier Autonome" avons proposé une coordination à niveau national sans l’avoir communiqué au Mouvement et sans nous y avoir invités : La question des compagnons a été : comment nous coordonner au niveau national si nous ne nous coordonnons pas entre nous ? Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont dit que "tous sont de la merde et ont de la merde dans la tête". Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui n’ont donné aucune explication sur l’achat d’un terrain de plus de 30.000 pesos, qui n’ont pas été payés. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui construisent une clinique, qui n’est pas aux mains de compagnons de base du Mouvement. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui installons des ateliers à des fins personnelles, avec l’argent de tous, sans jamais rendre de comptes. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ne luttent pas contre le ministère en raison d’arrèglements. Ce fut la Direction. Nous n’avons pas été ceux qui avons arranger au ministère des projets, supposément déjà en fonctionnement et obtenant de l’argent pour ceux-ci. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont les ordinateurs si nécessaires dans les quartiers. Ce fut la Direction.

Nous n’avons pas été ceux qui ont les dépôts d’argent de l’étranger, en maintenant le silence de la convenance. Ce fut la Direction.

Cette liste n’est pas terminée, il reste à faire des recherches et à avoir des conversations avec d’autres compagnons, mais nous sommes en train de le faire. Nous voulons savoir où nous allons et avec qui nous sommes. Bon, ne désespérez pas, nous avons maintenant presque terminé cette "Lettre de Renoncement". Auparavant nous devons déloger quelques menteurs...

Pour conclure, nous répondrons à quelques questions que, nous en sommes sûrs, ils nous feront.

Savons-nous à quoi nous nous affrontons ? Oui.

Savons-nous ce qui nous attend ? Oui.

Est-ce que tout cela vaut la peine ? Oui.

Qui pourrait répondre "oui" à ces questions et ne rien faire et ne pas sentir que quelque chose très à l’intérieur se casse ?

... et pour tous les compagnons qui résistent et luttent :

Nous, actuellement, les Quartiers qui sommes restés coordonné, ne croyons pas en ces personnes de la Direction Politique. De ceux-ci nous avons reçu des mensonges, des trahisons, de l’orgueil et de la corruption. Mais oui nous croyons dans le Changement Social, en des gens comme vous. Oui nous croyons en des centaines d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards (nous partageons avec un certain nombre d’entre eux les coupures de route), qui nous ont entendu et respectés avec noblesse et ils nous ont parlé avec honnêteté. Il est juste de vous dire que de vous nous avons appris qu’organisés nous pouvions lutter pour un Changement Social et pour une Justice Digne. Nous avons dit plusieurs fois dans les quartiers que nous voulions vivre avec dignité. Cette mauvaise direction nous l’a refusé et c’est pour cela que nous sommes en résistance. Ainsi nous continuerons, nous ne renoncerons pas....
C’est pour cela qu’avec votre effort et des dizaines de centaines de personnes comme vous, cette sortie dont nous avons besoin et méritons sera possible... par vous. Si important est pour nous votre effort que nous voulons vous demander de donner un lieu et de nous écouter. Les Quartiers de Solano préparons un compte rendu de dénonciation et les conséquences qu’ele a apportée au MTD de Solano. Les membres des quartiers qui continuons de nous coordonner avec l’aide d’autres organisations, préparons un résumé serré de ce que nous vivons tous les jours et à toute heure : nous voulons vous demander de nous permettre de vous faire parvenir ces notes avec la parole de ceux qui ont fait parti du MTD de Solano. Il reste beaucoup de choses à dire. Nous espérons que le temps le permette et que nous trouvions la manière de comment le faire. Nous remercions les compagnons qui ont collaboré avec nous pour exprimer ce que nous avons rédigé. Nous voulons répéter à tous les compagnons qui luttent que nos hangars dans les quartiers de Solano seront toujours ouverts pour les recevoir, pour nous accompagner ; et que nous n’oublions pas et n’oublierons jamais que vous avez toujours eu pour nous une oreille attentive et respectueuse, et que nous avons besoin des mots de soutien et d’espérance.

Nous ne renoncerons pas, nous résisterons. Parce que cette tendre Dignité nous donnera la force suffisante pour continuer de lutter avec tous les compagnons et débout.

Les Quartiers du Sud de Quilmes qui continuent coordonnés : Monteverde, IAPI, Berazategui et une partie de San Martín, 26 avril 2006.

Notes :

[1] Le MTD de Solano est en fait une somme de plusieurs quartiers, presque tous situés dans la municipalité de Quilmes (sud de la banlieue de Buenos Aires) (NdT).

[2] Planes trabajar o jefes y jefas : « contrats » de 2O heures par semaine payés 150 pesos (300 francs) par mois utilisés par les collectivités publiques. Ils furent obtenus grâce à la lutte des piqueteros (chômeurs qui coupent les routes). Les mouvements de piqueteros ont également obtenus la gestion directe d’une partie de ces plans, les bénéficiaires travaillent donc « au service » des mouvements, ce qui d’ailleurs posent quelques problèmes de « clientélisme », surtout dans les mouvements de chômeurs des partis d’extrême gauche (NdT).

[3] punteros : hommes de main du Parti Justicialiste (péroniste). Ce parti a développé un clientélisme important, les punteros sont chargés entre autres « d’acheter » des votes, ils sont le maillage d’un véritable système de favoritisme politique que l’on pourrait qualifier de mafieux (à l’image des syndicats d’Al Capone, le principal syndicat argentin, la CGT, est complètement inféodé au péronisme) (NdT).

Traduction : http://amerikenlutte.free.fr

 
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