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Nicaragua : pauvreté et chômage, deux problèmes pour les Sandinistes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
07-11-2006

"La proposition d’Ortega moins radicale que celle de Lula"

Le triomphe de Daniel Ortega, le leader sandiniste qui éveille des sympathies à Caracas et des antipathies à Washington, s’est enraciné dans l’échec des gouvernements antérieurs pour résoudre la pauvreté et le chômage, comme l’estiment des analystes nicaraguayens consultés par ce journal. "Avec ce vote -assurent-ils- les gens ont placé le Nicaragua sure le chemin d’autres gouvernements progressistes d’Amérique latine. "Le Nicaragua est le pays le plus pauvre pays d’Amérique latine après Haïti, la Bolivie et le Honduras.

Oscar René Vargas, ex-président de l’Université Nationale Autonome du Nicaragua, a souligné que la victoire d’Ortega représente l’échec du modèle néolibéral et de la politique des Etats-Unis dans leur pays. "Les Etats-Unis ont joué à diviser le sandinisme, mais cette même politique a scindé le vote de la droite, en facilitant le triomphe d’Ortega", a-t-il dit à Pagina/12. Vargas a ajouté que "la politique de Bush d’impulser une dissidence au sein du sandinisme -qu’ils ont publiquement financée- n’a pas réussi à tirer 20 pour cent, seulement 7 pour cent".

Carlos Tunnermann, analyste politique pour le journal Nuevo Diario, a signalé à Pagina/12 que les jeunes, qui sont la majorité de la population, désire quelque chose de différent et dépose leurs espérances en Ortega. "Les gens espèrent qu’Ortega résout les problèmes. Quand il a été au pouvoir, il a laissé l’économie en mauvais état, mais il a du gouverner avec une guerre sur le dos. Peut-être qu’un Ortega sans pressions l’obtienne."

Vargas est d’accord sur le fait que le gouvernement du Front Sandiniste va essayer de résoudre le déficit social et et avoir de bonnes relations avec les États-Unis. "La proposition d’Ortega est moins radicale que celle de Lula, elle ne va pas essayer de rompre avec les États-Unis. À partir de l’éventuel échec d’aujourd’hui du Parti Républicain, la politique extérieure de Bush va devoir être plus pragmatique que fondamentaliste, en reconnaissant le résultat final."

Le candidat favori des Etats-Unis a été le libéral Eduardo Montealegre. Le pays du Nord a des intérêts au Nicaragua, par exemple au niveau migratoire, au niveau du trafic de stupéfiants et du terrorisme. La drogue qui sort de Colombie pour les Etats-Unis passe par Managua. Vargas insiste : "Si Bush sort affaibli des législatives, il devra avoir une politique de moindre confrontation avec l’Amérique latine en général, et avec le Nicaragua en particulier. Tunnermann prévient qu’Ortega éveille une crainte dans quelques secteurs, comme l’entrepreneur. "Il a pris la tête du gouvernement et a pris des mesures contre la propriété privée qui ont affecté le développement des entreprises. La crainte que se répète l’Ortega des années 80 existe." L’analyste prévient que le monde a changé et Ortega aussi. "Il devra vivre avec les accords du FMI, respecter le Traité de Libre Commerce (TLC) avec les Etats-Unis et chercher et chercher la vie en commun pacifique, en plus d’avoir de bonnes relations avec Chávez". Tunnermann ajoute :" Ortega va devoir bien se porter avec El Salvador, un gouvernement de droite, par exemple. Parce que le Nicaragua ne peut pas s’isoler du processus de l’Amérique centrale".

Pour Vargas, Ortega se joint à la vague progressiste de Kirchner, de Chavez, de Morales, Lula, Bachelet et les votes de Lopez Obrador et Ollanta Humala. Dans ce contexte, "Les États-Unis doivent réviser leur politique extérieure".
L’expert signale que la politique d’Ortega visera à diversifier le commerce extérieur, à trouver de nouveaux marchés en Amérique latine, en Asie et dans le Pacifique (Chine, Japon, Corée) et en Europe. "Le Chili a fait un traité de libre commerce avec les Etats-Unis et maintenant aussi avec la Chine", signale-t-il.

Mercedes López San Miguel, Pagina/12 (Argentine), 07 novembre 2006. Traduction : http://amerikenlutte.free.fr

 
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