Menu Content/Inhalt
Accueil arrow C. Desalambrando arrow Buenos Aires : colectivo Desalambrando à six ans des 19 et 20 décembre 2001
Buenos Aires : colectivo Desalambrando à six ans des 19 et 20 décembre 2001 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-12-2007

Six ans ont passé depuis les 19 et 20 décembre 2001. Depuis ce fait étrange. Etrange, non en lui même, mais pour ce qu'il a engendré : un état de mobilisation presque permanente pour une grande partie des secteurs bas et moyens-bas de la société. Ce fait a duré à peu près 2 ans. Des assemblées se sont constituées dans les quartiers, ont atteint leur plus grande force les mouvements piqueteros. Les formes de lutte ont pris un caractère d'action directe, enlever à ceux d'en haut le monopole de l'action et de la parole, pour l'exercer le peuple lui même.

(JPEG)

 

Il est souvent dit que ce fait a été l'oeuvre de secteurs moyens qui sont descendus dans la rue pour leurs épargnes, que dans le fond c'était une lutte "petit bourgeoise". Nous considérons que cela est de voir seulement une arête de la réalité. De fait une analyse comme celle-là, est une vision qui est justement produite par quelques secteurs moyens sur eux mêmes. C'est-à-dire que c'est une analyse "petit bourgeois". Et même si cela avait seulement concerné les épargnants, la méthode utilisée n'en est pas moins intéressante : on cassait des banques.

 

Ont aussi été fondés des centres culturels, des collectifs ou des groupes contre-culturels, des publications d'information alternative, etc.. De plus a prit force une forme incroyable de réponse à la fermeture des fabriques : la prise et le contrôle postérieur de celles ci part les travailleurs.

 

Bien que ce processus prenait son origine quelques années auparavant, durant la résistance aux présidences de Carlos Menem, la caractéristique fondamentale des deux ans qui ont suivi les 19/20, a été l'attitude critique face à toutes les institutions de ceux d'en haut: banques, Etat, chaînes de télévision, partis politiques, etc.

 

Cependant, les processus comme celui-là ne donnent pas le résultat attendu mais ils engendrent une forme concrète de s'organiser. Et celles qui ont existé -pour des motifs que nous n'analyserons pas ici- n'ont pas été efficaces pour affronter la restructuration qui venait de la part de ceux d'en haut pour continuer de se maintenir au pouvoir : d'abord réprimer, ensuite recommencer à légitimer l'État et les institutions; que le peuple recommence à croire que la télé dit la vérité, que les banques "gardent" l'argent, que le gouvernement représente les intérêts du peuple.

 

Mais le 19/20 a aussi donné comme résultat une portée de militants qui se sont organisés de manières non hiérarchiques, en essayant de continuer la lutte contre le système, plongés dans la dynamique assembléaire et influencés par le zapatisme mexicain, qui a été connu encore plus en Argentine à partir de ce mois de décembre. Ceci a été la deuxième période qui a duré à peu près 3 ans de plus. Et bien qu'elle se soit caractérisée par une fracture des coordinations et des mouvements créés, de nouveaux militants ont aussi continué à rejoindre les groupes, malgré cette fragmentation naissante. De même on continuait de maintenir une certaine unité dans les actions concrètes ("unité dans la lutte", l'appellent-ils), comme des manifestations ou des résistances aux expulsions.

 

Mais nous considérons que ceci s'est aussi épuisé. Beaucoup de celles et ceux qui se sont mis à militer ont abandonné. Quand s'est un peu relancée l'offre de travail (même précaire), les mouvements de chômeurs ont considérablement diminué. Les collectifs ou les groupes qui n'ont pas réussi à trouver un objectif clair dans lequel insérer leur lutte, ont disparu. La répression a expulsé de nombreux centres culturels, des mouvements sont passés du côté du gouvernement parce qu'ils ont vu là que leurs attentes pouvaient être satisfaites. Y compris beaucoup de fabriques récupérées ont opté pour cette voie.

 

Même ainsi, beaucoup continuent la lutte : soutenant des cantines populaires, créant des coopératives et des projets productifs, éditant des publications, faisant de l'éducation populaire ou cherchant la forme de contribuer au changement. Nous, Desalambrando, sommes nés aussi en 2001. C'est à ce moment que nous avons décidé de sortir une publication. Son nom : LA VOIX DES SANS VOIX. Avec ce nom, nous tentions plusieurs choses que nous croyions importantes de à cette époque.

 

D'abord, que des classes sociales existaient : la voix de gens qui était écoutée et celle d'autres secteurs qui était étouffée.

 

Deuxièmement, notre publication voulait refléter les informations que publiaient des médias alternatifs d'Internet et les diffuser aux endroits où les gens n'avaient pas accès à ce média ; de la même manière notre but était de refléter "les voix" qui venaient des quartiers où nous avions une insertion.

 

Troisièmement, nous revendiquions avec ce nom une forme de construire depuis en bas : c'est le Le nom que la radio zapatiste et un journal anarchiste de la révolution espagnole.

 

Mais, comme nous l'avons dit plus haut, nous croyons que beaucoup de choses ont changé. Nous sentons que notre presse ne reflète plus les informations de ceux d'en bas en général, mais plutôt ce que pense ou a envie de raconter un groupe de ceux d'en bas : le collectif Desalambrando. Pour cette raison fondamentale, pour croire que nous ne sommes pas "LA" voix des sans voix, nous décidons de changer le nom de notre publication. De façon à ce que, compagnon lecteur, celle ci est le dernier numéro que nous sortons sous le nom "LA VOZ DE LOS SIN VOZ".

 

Cependant beaucoup des points mentionnés ci-dessus continuent d'être notre guide à l'heure d'en choisir un nouveau : nous pensons qu'il y a des classes sociales, et nous nous considérons comme partie des classes oppressées; nous revendiquons une forme de construire organisation depuis en bas et notre publication continuera à apporter en ce sens. Et nous continuerons de le faire tandis que nous continuons de changer, cherchant la forme de vaincre ceux qui nous oppriment, cherchant les formes de construire un nouveau monde où il n'y ait ni exploité ni exploiteurs.

 

Colectivo Desalambrando, décembre 2007.

 

http://desalambrando.org.ar/index.php?option=com_content&task=view&id=163&Itemid=1

 

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

 
< Précédent   Suivant >

Soutien !

Si vous voulez collaborer au site en proposant des traductions ou soutenir financèrement ce projet 100 % indépendant, merci de nous contacter !