Argentine: Assasinat d'un paysan militant du MNCI : l'agrobusiness continue de tuer
22-11-2011

Assassinat d'un militant paysan par les hommes de main d'un entrepreneur de l'agrobusiness : les mouvements paysans réclament le jugement de l'auteur intellectuel du crime et l'arrêt total de l'accaparement des terres paysannes.

Le 16 novembre, un militant du MOCASE (mouvement paysan de Santiago del Estero, membre du MNCI, mouvement national paysan indigene d'Argentine), Cristian Ferreyra, est assassiné chez lui par les hommes de main d'un entrepreneur agricole, dans le contexte d'un conflit pour l'accaparement de terres habitées depuis des années par des familles paysannes. Les assassins ont été arrêtés, mais l'entrepreneur lui-même bénéficie de l'impunité la plus totale, et les intimidations et menaces continuent. Dans l'ensemble de l'Argentine, l'accaparement des terres par les entreprises de l'agrobusiness (nationales et multinationales) continue a croître et a expulser toujours plus de familles paysannes de leurs terres. Les mouvements paysans appellent a l'arrêt total des expulsions pour accaparement des terres, dénoncent la complicité des pouvoirs publics, et leur demande d'assumer leur responsabilité pour que cesse l'impunité des véritables auteurs de violence envers les paysans militants, et envers les paysans en général.

Ci-dessous, le tract (resume du communique de presse) de l'UST, Union des travailleurs ruraux sans terre de la province de Mendoza, membre du MNCI :

Nous exigeons justice pour l'assassinat de Cristian Ferreyra et dénoncons les actes de violence et d'intimidation dans les communautés paysannes de Mendoza.

Cristian avait 23 ans, deux fils, et était un militant de la lutte pour la vie paysanne, au sein du Mouvement National Paysan Indigene (MNCI). Il vivait dans la communauté de San Antonio, appartenant a la centrale paysanne du Monte Quemado, province de Santiago del Estero. Un région dans laquelle les communautés paysannes sont harcelées par l'agrobusiness depuis longtemps déja, avec des agressions qui compte sur l'aval et le soutien de secteurs de la Justice et du pouvoir exécutif de Santiago. Le MNCI dénonce la gravité de la situation : violations clandestines de domicile, détentions politiques de plusieurs référents paysans, destruction d'une radio FM, menaces avec armes a feu, emploi de milices privées, attaques de l'infanterie, et la liste continue...
La violence est imposée par le modele de l'agrobusiness. Les morts, les blessés, les expulsés, eux, appartiennent au paysannat. L'Etat génere des conditions favorables a ce que le pouvoir de l'argent impose sa logique de destruction et de mort.
Ces modeles de production sont en dispute, et nous, Argentins et Argentines, devons comprendre que l'un signifie la vie et l'autre la mort. L'un signifie travail digne, l'autre rente pour quelques-uns. L'un souveraineté nationale et alimentaire, l'autre regne des transnationales.
La réflexion est urgente, l'unité nécessaire, il ne s'agit pas de nous regarder en chien de faïence depuis nos réalités respectives, il s'agit de pouvoir débattre et lutter pour la justice sociale et les droits humains, toujours plus vulnérables et mis en danger par les entreprises de l'agrobusiness, les multinationales et leurs laquais locaux.
Dans cette lutte marchait Cristian, corps et âme. A partir d'aujourd'hui son âme nous accompagne, parce que nous sommes des milliers, ceux et celles qui continuerons.
Ce qui s'est passé a Santiago del Estero n'est pas un fait isolé. Dans tout le pays existent des conflits pour la terre ou entrent en jeu ces deux modeles de production et de société. Dans la province de Mendoza en particulier, les tentatives d'expulsions violentes contre les communautés paysannes ont redoublé. Les pressions d'entreprises étrangeres et nationales, liées a l'agrobusiness, sur les territoires paysans comme les terres communautaires de La Verde (San Martín), de Jocolí (Lavalle), de Los Leones (San Rafael), de El Encón etc. en sont quelques exemples, parmi beaucoup d'autres.
Nous convoquons a toutes et tous a exprimer leur solidarité et a exiger que justice soit faite, pour que les responsables de cette mort soient jugés et condamnés.
Cristian Ferreyra vit, et la lutte continue !
UST - Unión Trabajadores Rurales Sin Tierra (Mendoza, Argentine)
Traduit par Marie A.
MNCI - Movimiento Nacional Campesino e Indígena (Argentine)