Buenos Aires : le Collectif Desalambrando
26-11-2007

Image
Notre horizon

À l'intérieur de la société actuelle où l'égoïsme et l'indifférence sont des conséquences du système d'exploitation capitaliste, où l’on essaie de séparer les hommes entre eux au travers de la compétition sauvage pour la survie, il se crée un climat de constante violence pour récupérer les miettes que ceux d'en haut (les propriétaires des moyens de production, de communication, les dirigeants de corporations, qui sont ceux qui contrôlent et dirigent les institutions, autant dans le secteur public que privé).

Surgissent alors, comme conséquence de cette division de la société, les opprimés-exploités. Ce sont ceux qui n'ont accès qu'au compte-gouttes aux droits qui doivent être offerts à tout être humain.

Dans ce sens, le collectif Desalambrando, à travers de la lutte culturelle, concrète et directe, se trouve du côté des exploités à la recherche de la destruction du système actuel, dans la construction d'un nouvel être conscient et autonome, inséré dans une société où priment les valeurs humaines sur les matérielles et où tous soyons des parties égalitaires d'une réalité avec des possibilités de développement pour tous de la même façon, sans exploités ni exploiteurs.

Que sommes-nous ?

Nos Principes : horizontalité, participation, indépendance de l'Etat et des partis politiques, autonomie dans nos décisions mais tout en recherchant une coordination concrète avec autres organisations de notre classe, construction de pouvoir populaire, comprenant ceci comme la génération d'un pouvoir qui nous permette de nous emparer de nos destins.

Nous nous considérons comme une organisation politico-sociale qui vise à la reconstruction des liens sociaux qui ont été et sont détruits (parce que de cette destruction dépend, en grande partie, la reproduction du système) par ceux d'en haut.

Nous croyons que la révolution sociale va se construire par le peuple organisé en mouvements sociaux. Et nous pensons que le rôle de Desalambrando est de contribuer et de renforcer la recherche et la construction démocratique et horizontale des secteurs organisés de ceux d'en bas. En participant et en diffusant des expériences de vie en profondeur, en renforçant des relations sociales et avec cela la possibilité de résoudre nos propres problèmes, avec des outils forgés à l'intérieur même des organisations. Cette forme de nous organiser, nous l'appelons Pouvoir Populaire.

Que pensons-nous ?

Beaucoup des valeurs des classes oppresseurs sont transmises aux secteurs opprimés, engendrant surconsommation, compétition, et offrant seulement des débouchés individuels aux problèmes (l'ascension sociale comme la possibilité de faire parti des oppresseurs un jour). Par conséquent nous pensons qu'il faut rompre avec cela et générer des valeurs culturelles depuis notre propre classe : l'opprimée.

Nous considérons aussi que beaucoup des outils qui servent à la création de valeurs et de biens culturels nous sont niés par ceux qui détiennent le pouvoir ; comme par exemple l'accès à l'éducation publique (de plus en plus restreint à partir de l'avancée néolibérale opérée depuis la dernière dictature militaire) et l'accès aux livres. Nous pensons donc qu'il est nécessaire de nous former entre nous, en socialisant nos connaissances et en en apprenant de nouvelles, pour récupérer la possibilité qu'ils nous refusent d'être des personnes pensantes, et pour être mieux préparés pour nous réapproprier finalement tout ce qu'ils nous ont enlevé.

Quand nous parlons de formation nous ne parlons pas d'une formation dogmatique, mais de principes et de méthodes qui nous servent comme opprimés à reconstruire nos liens sociaux c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas seulement de savoirs théoriques mais du fait que nous entendons aussi Desalambrando et le militantisme en général comme une école de vie. Nous pensons que la manière selon laquelle nous inter-actuons entre nous dans ce processus de transformation est et sera le germe des nouvelles relations sociales, parce que si nous ne pouvons pas changer nos formes de relations avec nos propres compagnons comment allons-nous pouvoir changer la société ?

Nos Méthodes : démocratie directe, autogestion, fédéralisme, mécanismes de rotation et de révocabilité pour combattre la bureaucratisation, circulation d'information.

Nous voyons aussi que beaucoup de nos problèmes, ainsi que beaucoup de choses valables que les opprimés pensons, ne figurent pas dans les médias "monopolistiques". Et cela est logique : ils occupent un lieu fondamental dans le contrôle que ceux d'en haut essaient d'établir sur nous pour que nous ne communiquions pas, pour que nous ne percevions pas ce qui se passe à nos semblables. Depuis ce lieu, nous essayons aussi d'apporter notre grain de sable : développer et produire notre propre presse est une colonne vertébrale du collectif.

Où agissons-nous ?

La Fédération d'Organisations de Base (FOB).

Quand nous parlons de reconstruire les liens sociaux et pensons à ce que peut faire Desalambrando à l'intérieur d'un espace délimité, nous parlons de générer dans des activités de quartier (territoriales) des outils qui servent à renforcer les organisations sociales depuis le culturel. C'est pour cela que Desalambrando a toujours été conçu dans des espaces plus amples où développer ses activités. De plus nous soutenons que l'unité des opprimés est fondamentale pour conquérir nos droits. Et c'est pour cela que tout au long de notre parcours nous avons intégré des Coordinations, des Fronts, des Mouvements, etc. Et au-delà du fait que ces expériences n'ont pas fonctionné (avec nous tout du moins) -produit de la difficulté de construire l'unité dont nous parlions- elles nous ont laissé un solde positif en expérience militante et en formation politique.

Aujourd'hui, l'espace dans lequel nous nous engageons est la Fédération d'Organisations de Base. Nous tentons là une manière différente d'articuler divers mouvements. Nous pensons que la forme fédérative est appropriée pour être dynamique et à la fois, maintenir la plus grande participation de tous les mouvements. Mais même ainsi, la FOB est naissante, et par conséquent nous avons beaucoup de chemin à parcourir pour l'améliorer. Mais nous le visons. Et c'est aussi que, d'une certaine manière, penser la FOB et comment la renforcer, c'est aussi penser comment renforcer les outils des opprimés pour qu'ils se valent pour eux même et ne pas penser seulement en un groupe déterminé de personnes.

Que faisons-nous ?

Au long de ces dernières années, nous avons développé différentes formes de porter à la pratique ce que nous pensons. Certains des travaux que nous faisons sont :

Presse et communication :

Depuis ses débuts -autour de 2001- le collectif a eu comme un de ses objectifs la contre-information. Au départ il s'agissait de rechercher les nouvelles qui avaient seulement eu une diffusion dans des médias alternatifs sur Internet et de les porter sur papier pour les faire parvenir dans les quartiers où l'accès à cette information est limité. L'idée était aussi que les mots des gens des quartiers puissent être entendus, ceci fut l'origine de notre publication qui s'est appelée à l'époque "La Voix des Sans Voix" (La Voz de Los Sin Voz). Avec le temps, l'idée originale du journal a été modifiée et nous avons commencé à produire l'information que nous voulions diffuser, transmettre des expériences historiques et actuelles d'organisation, penser la réalité, dénoncer le mensonge des médias. Nous avons aussi élargi le concept de la publication aux sujets de la vie quotidienne comme le football ou la musique. Et elle change encore, parce que bien que nous maintenons le même but, nous pensons que les changements sont nécessaires pour nous maintenir critiques.

De la même manière, nous développons notre propre page Web pour y publier des notes qui n'entrent pas dans le journal, et développer une bibliothèque virtuelle, publier des notes de personnes que nous croyons utiles pour la pensée et l'action (Noam Chomsky par exemple), informer sur des activités intéressantes à faire, etc

Activités de quartier (territoriales) :

Nous développons dans les quartiers, avec les compagnes et compagnons de la FOB, des ateliers de formation dans différents domaines : littérature, histoire, audiovisuel, etc. Nous tentons de faire en sorte que les idées surgissent au travers de l’intérêt des participants de l’atelier, mais en reconnaissant que celles et ceux qui vont dans le quartier possèdent un savoir concret utile de socialiser. Nous avons aussi modifié la dynamique des ateliers au fur et à mesure que nous avons gagné en expérience, c’est un processus dans lequel nous continuons de nous former.

Ciné-débat :

Nous ne concevons pas cette activité avec la même durée qu'un atelier (d'une plus longue durée), mais plutôt comme un espace qui permette des questionnements ou des éveils d'intérêt au travers d'un film projeté. Le but est, alors, d'installer un sujet déterminé et de permettre que le développement postérieur soit pris en charge par ceux qui sont organisés dans le quartier en question.

 

Colectivo Desalambrando, novembre 2007.

http://desalambrando.org.ar

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr